Le changement c’est maintenant !

Longtemps j’ai parcouru du sud l’île pittoresque

Aux sommets de granite et aux glaciers qui craquent

Déchargeant toute leur masse dans de superbes lacs

Aux eaux d’un bleu turquoise. On s’y baignerait presque

 

N’étaient ces icebergs. Ce matin je contemple

Du sommet d’un volcan des pentes majestueuses

Qui plongent dans une mer de nuages onctueuse

Lieu que les Maoris vénèrent comme un temple

 

Ils adorent la nature surtout les lieux grandioses.

Au loin sur l’horizon trônent trois autres cônes

Scories rouges cendres noires basalte et soufre jaune

Qui sur ce tapis blanc délicatement se posent

 

Sur ce fauteuil de lave où je me suis assis

Ces trois monts me l’assurent, voilà du changement

C’est ce monde de feu, geysers et lacs fumants

Qui m’attend désormais au Nord de ce pays

(photos :

Une de mes 36 vues du Mont Taranaki

Cascade de Bell, lointaine cousine de celle du Ray Pic, avec ses colonnes basaltiques

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Enfin !

Cette petite trousse bleue avec une croix blanche

Pour les premiers secours pleine de sparadraps

Couvertures de survie, elle pèse de tout son poids

Et prend bien du volume, pour les cas où l’on flanche

 

Depuis bientôt sept mois elle n’avait pas servi

Jetant un sérieux doute sur son utilité

Enfin hier sur la route un clebs vint à passer

Ma tête lui déplut tant qu’au mollet me mordit

 

Avec tout l’enthousiasme de sa fougueuse jeunesse

Faisant de bien beaux trous (je vous passe les détails)

Justifiant l’ouverture de ce riche attirail

Où je pus dénicher pansements et compresses

 

à Guy Lieumont, fournisseur de ladite trousse avec le mode d’emploi

 

(Pas de photo du mollet, ce blog pouvant être lu par des personnes sensibles. À la place, une petite photo du mont Taranaki autour duquel je marche en ce moment) IMG_20200128_153007-992x744

Une discrète boule de plumes

Sur Rakiura aux aurorae australis

Au sud de l’île du sud, au Pôle sud de sa vie

Continue l’odyssée pédestre du sieur Brisse

Sa tente rapiécée de grossier scotch kaki

 

Le Kākā, perroquet des bois aux deux macrons,

Ces accents indécis, ni de grave ni d’aigu

Survole les fuschias que ploient les lourds pigeons

Dans la boue de la traque ce n’est que le début

 

Son cri transperce la nuit, distinguable entre tous.

On guette un bruit de pas, une démarche grotesque,

Une forme arrondie aux allures de nounours

Des plumes comme des poils un bec titanesque

 

Arpentent les sentiers deux types de randonneurs :

Les heureux qui l’ont vu, les autres qui espèrent

À l’affût tout le soir souvent pendant des heures

Sursautant dès que craque une branche sous les fougères

 

Nuit et jour j’ai scruté mais me voilà bredouille

Pour la joie des oreilles j’ai eu eu sa mélopée

Pour le bonheur des yeux je me contente du tui

Aux plumes bleu métallique, deux pompons au collier

 

Penaud je rentre au port: à l’aube part le ferry

M’en vais traîner les guêtres dans les ruelles noires

Sur un petit coin d’herbe, hourra c’est un kiwi !

Prouvant que jusqu’au bout il faut garder espoir.

Photos :

La golden bay

Une plante grimpe sur une fougère

Pas de photo du kiwi, il faisait nuit et ils n’apprécient pas les flashes

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Kepler, une rando qui tourne (presque) rond

De nouveau le gros sac, les longues randonnées,

Les nuits dans la nature, où l’on entend la chouette

Hululer dans le noir, les matins sur les crêtes

Et chaque fois plus vertes défilent les vallées

 

D’abord Greenstone-Caples, creusées par les glaciers

Avec ces pains de sucre qui nous toisent de haut

Et ces grasses rivières aux délicieuses eaux

Où deux énormes bœufs poussent des cris inquiets

 

Et puis la Kepler Track, classée parmi les « grandes »

Dont les quelques photos prises depuis les sommets

N’arrivent pas à dépeindre toute la majesté

Une brise légère fait onduler la lande

 

Soulevant la casquette sans la faire s’envoler

Amène un peu de frais de ces neiges éternelles

Que l’on voit au lointain. Et quel bleu dans le ciel

Où pourtant plus de quatre mètres d’eau tombent chaque année

 

Des oiseaux merveilleux, ceux qu’on ne voit qu’ici

De colossaux pigeons aux minuscules passereaux

La queue en éventail, d’autres aux chants bien vocaux

Des perroquets alpins poussent au loin un grand cri

 

Pourquoi presque ? Direz-vous. Tout va donc pour le mieux,

Nature, beauté et temps. C’est ce que tu voulais

En partant de Paris. Difficile de rêver

À séjour plus parfait, pays plus délicieux.

 

Profitant de la nuit, de mon sommeil profond,

Le fameux perroquet, le Kea vert et rouge

Voyant que tout est calme, bien sûr que rien ne bouge,

Et sentant des biscuits, dans mon sac tout au fond

 

Attiré par l’odeur, décide de se servir

En faisant effraction. La tente il déchiquette

Avec son bec habile il détruit la pochette

En bas du sac à dos, et prend ce qu’il désire !

(les photos :

Au bord du lac Manapouri

Vue depuis la crête sur le fjord de Te Anau

Un Kea s’intéresse dangereusement à mon sac)

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Disparition

Depuis quelques semaines, me voilà moins loquace

Cher lecteur tu attends quelques explications

Sur ce qui a tout l’air d’une disparition

Pourquoi ce long séjour hors du cyberespace ?

 

Aurais-je donc perdu le génie créateur ?

Ma si fidèle muse, compagne de mes rêves

Craignant pour ses acquis, se serait mise en grève

Bloquant tous les accès au vers libérateur ?

 

C’est hélas bien plus simple, une question de temps.

Au pays des kiwis et des rugbeux tous noirs

On loue une voiture pour être sûr de tout voir

On avale donc les routes sans quitter le volant

 

Les grands panoramas, les cascades les plus belles

Les côtes magnifiques et les forêts humides

Rien n’échappe à nos yeux grâce au transport rapide

Lorsqu’on s’arrête le soir avec plein de pixels

 

Au fond de l’appareil, il est déjà bien tard

La logistique impose de ne pas rêvasser

Le trajet de demain, il faut le préparer

Or pour écrire des vers il faut être peinard

BONNE ANNÉE À TOUS !!

Les photos :

Un Kea sous la montagne

Une baie dans les Marlborough Sounds

D’étonnantes crêpes sur la côte ouest

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