J’en bave… mais il y a des compensations !

Il est des soirs comme ça dans la vie du campeur
Dès qu’il est arrivé à son emplacement
Il tâche de monter le plus rapidement
Sa tente sans qu’elle se trempe (il pleut avec ardeur)

Tout en la retenant pour ne pas qu’elle s’envole
Pour ça de grosses pierres seront un sûr allié
Mais avant de les mettre on utilise les pieds
Si l’on rate son coup c’est l’igloo qui décolle

Après cette brève séance il faut faire le constat
La vie à l’extérieur ce n’est pas pour ce soir
Faire marcher le réchaud ? Il n’y a pas d’espoir
Avec un tel zéphyr l’eau ne chauffera pas

Encore une fois ce soir le repas sera froid.
À l’abri sous la tente – sept heures à peine passées !
La soirée sera longue on doit pour s’occuper
Lire et relire la carte jusqu’à l’ennui parfois.

La nuit sous la tempête même dedans c’est glaciaire
Le seul lieu un peu tiède est au fond du duvet
On a beau y plonger on ressent un filet
Qui coule le long du cou d’un air presque polaire

Au matin la pluie cesse, le vent déferle de l’ouest
Pour replier la tente la même scène reprend
Je bloque le double toit bien fort entre les dents
Tout en usant des mains pour enrouler le reste

Mais progressivement en baissant d’altitude
Le temps devient plus calme on goûte à cette douceur
Qu’on n’espérait même pas seulement voilà une heure
On plonge avec délice dans la grande solitude

Quand soudain à l’arrière d’un bosquet de bouleaux
La fière silhouette de deux jeunes élans
Qui broutent des arbustes à quelques pas seulement
Ils me remarquent vite et filent au grand galop

Leur mère gigantesque dans le talus plus bas
Semble moins apeurée mais à trop m’approcher
Elle préfère disparaître sans bruit dans la forêt
Délicieuse rencontre que je n’oublierai pas

Soudain ce froid arctique et ces pluies démentielles
Deviennent accessoires car ce sont ces instants
Qui font tout accepter. Les moments moins marrants
Sont le prix à payer pour ces cadeaux du ciel

C’est dans ce bois que j’ai vu les élans
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2 commentaires sur “J’en bave… mais il y a des compensations !

  1. Le vent dans la figure, la gouttes de pluie qui tombent sur la tente, le froid qui s’engouffre… C’est pour mieux apprécier le retour aux moments ensoleillés et les nuits étoilées. Bientôt tu seras dans des contrées plus chaudes et arides.
    Merci Florent de nous faire partager tes découvertes et moments de réflexion. Tu nous permets de voyager par procuration. Continue s’il te plaît !

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