Le train train quotidien

Ami lecteur, après avoir dû supporter
Depuis vingt jours l’étalage de mes sentiments
Je sais qu’au fond de toi tu attends ce moment
Que j’ai, j’admets, trop longtemps différé.

Tu veux un compte-rendu précis de mes journées
Mettons le lyrisme de côté pour un temps
Racontons en détail très minutieusement
Ce qu’est la vie sous tente, ce qu’est une randonnée.

Un lever à six heures sous un soleil radieux
La tente est presque sèche les affaires vite pliées
J’engloutis mes flocons et une tartine sucrée
Ainsi commence cette journée bénie des dieux

À sept heures j’enjambe la première passerelle
Trois moutons bêlent en vain puis filent à perdre haleine
Les moutons vont par trois c’est presque un théorème
Deux petits et un gros, c’est ce dernier qui bêle.

Des bouleaux et des saules à hauteur de genoux
Des mousses et des lichens complètent ce tapis
Qui sur ce haut plateau s’étend à l’infini
Pourtant pas après pas j’en ai bien vu le bout.

Un toit recouvert d’herbe c’est une vieille bergerie
Bel endroit pour la pause je prends quelques tartines
Puis avec mon stylo sur une feuille la dessine
Me voilà regonflé pour tout l’après-midi

En haut d’une rude pente déferlent des nuages
Annonciateurs de pluie (c’est qu’il fallait stopper
Cette insolente chance, trois semaines sans KWay)
Par bonheur cette averse ne fait qu’un court passage

Au bout d’un long pierrier je rencontre un pêcheur
Seule personne vue de toute la journée
Il guette un gros poisson je monte sur le névé
Et puis il faut franchir un torrent en fureur

On a aménagé une sorte de gué
Pas moyen de passer sans tremper les chaussures
Je traverse en sandales et ressens la morsure
Intense sur mes pieds de cette eau de glacier

Cette épreuve passée, voici la récompense !
Un lac pour moi tout seul sous un pic enneigé
Et un gazon bien plat pour y bivouaquer
Je n’en reviens pas d’avoir autant de chance

Dans cette eau bien fraîche il faut faire la lessive
Et se débarbouiller vite pour ne pas geler
Heureusement il fait doux ça aide à supporter
Néanmoins je témoigne la sensation est vive

Le dîner est frugal c’est pas la grande cuisine
Du pain et du fromage au dessert une datte
Demain pour varier je me ferai des pâtes
La bouffe dans le grand Nord ça manque de vitamines

Dans ces contrées nordiques la nuit est lumineuse
Pas la peine d’espérer regarder les étoiles
Et puis il fait pas chaud je rentre sous la toile
Avant de m’endormir quelques rimes hasardeuses

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