Longue sera la route !

Nous voilà donc enfin sur Te Araroa

Cette longue randonnée, le Camino d’ici

En guise de coquille la mascotte choisie

Un motif maori que l’on découpera

 

Dans une algue géante échouée sur la plage

De la première étape. Dans ce nord tropical

Le temps est chaud et sec en cet été austral

Je suis vraiment tout seul : on débute ce voyage

 

D’habitude en novembre, car il dure cinq mois

Et le marcheur préfère éviter l’air glacial

Une sorte de Finistère de cendres et de sable

Inaugure le parcours puis un vénérable bois

 

Belle forêt primaire où pousse le nikau

Le palmier de cette île et des Kauri très droits

Ceux dont on fit les coques des canots autrefois

Au fond de la rivière, pieds et genoux dans l’eau

 

J’ai lutté pour passer contre mes propres doutes

Une fois sur la terre ferme j’ai perdu mon chemin

Puisé dans mes ressources pour rejoindre enfin

Une piste forestière et reprendre la route

 

Maintenant arrivé dans une baie magnifique

À l’infinité d’îles où vaquent les voiliers

Je me repose un jour avant de rempiler

Reprends un peu de forces après cette marche épique.

Photos :

Mascotte faite maison

Le cap Maria van Diemen

La forêt de Puketi… Et la fameuse rivière

Repos ! Dans la baie des îles

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Fini les vacances !

Nos jambes toujours en marche ont pu se reposer

Après un tour au lac Waikaremoana

Parcouru sous les arbres d’une vénérable forêt

Aux cascades mousses et verts panoramas

 

Dans Napier la cité rasée par un séisme

Et qui a vu fleurir des façades art déco

Puis à Rotorua, ville de thermalisme

Aux sources d’eau bouillante qui servirent aux cuistots

 

Maoris de réchaud, dont c’est la capitale

À chaque coin de rue on tombe sur une Haka

De fougères tatouées, de grimaces magistrales

Aux yeux blancs révulsés, aux langues tirées à dia

 

Mais c’est fini ! Demain débute le pèlerinage

Depuis cap Reinga, de cette île l’extrême nord

Le Te Araroa, le sentier qui voyage

À travers ce pays jusqu’à son austral bord.

 

Plusieurs millions de pas, toute la Nouvelle-Zélande

C’est un défi énorme qui requiert de longs mois

Je n’en ferai qu’un bout, j’irai jusqu’à Auckland

Pour les vingt jours qui restent, un beau morceau déjà !

Photos :

Falaise de Panekire, bord du lac Waikaremoana

Une usine Art Déco à Ahuriri (sic !), quartier de Napier

Une belle grimace de bois

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Intermède

Entre deux longues marches sur les pentes abruptes

Les plateaux exposés où ploie le flasque flax

Les vallées où souvent s’écoule un lahar brut

Notre héroïque marcheur quelque temps se relaxe

 

Il se laisse séduire par les délices de Taupo

Goûte les eaux du lac, bulle dans les sources thermales

Regarde d’autres frémir et sauter de là-haut

De la falaise droite, poussant un cri primal

 

Dans des parcs arborés au soleil du matin,

Il chille, le nez au ciel, cherchant de nouveaux vers

Quand il en a envie il s’essaie au dessin

Ou lorgne les kayaks qui remontent la rivière

 

Après de telles pauses, trouverai-je toujours

Vers de nouveaux efforts la force de me lever

Ou comme une patelle, le pied devenu lourd

Vaincu par le farniente resterai allongé ?

Photos :

Les volcans Ruapehu, Ngauruhoe et Tongariro au-dessus du lac Taupo

Un gardien du temple maori

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Contemplation

Autour de trois volcans au nom très autochtone

Tongariro étant de loin le plus aisé

Pour nous à prononcer, pour un temps j’abandonne

Mon esprit trop critique. Je le mets de côté

 

Et me laisse gagner par le plaisir primaire

De la contemplation de ces grands monts sublimes

De basalte et de cendres. Des étangs bleus et verts

Se lovent dans leurs cratères tout au fond de l’abîme

 

Des talus rouge sang ou parfois d’un blanc pur

Coulent de somptueux cônes d’une symétrie parfaite

Pierre ponce et obsidienne, poussière et lave dure

Se succèdent sous nos pas, et plus loin sur l’arête

 

Plus jaune d’un monticule vrombit un flot soufré

De vapeur colorée dégageant une senteur

Semblable à nos vignobles quand on les a traités

Dans leur étrangeté, pour notre promeneur

 

À chaque virage c’est un plaisir renouvelé

Un œuvre différent mêlant à sa manière

Une palette de couleurs infinie bariolée

Qu’on approche de l’extase dans ces jeux de lumière !

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Petite rando

Certaines randos sont « grandes », on y met le paquet :

Toilettes sur le trajet et refuges tout confort

Les chemins impeccables, on n’y peut trébucher

Tout cela se réserve, les prix sont en rapport

 

Je les ai arpentées. De leurs panoramas

J’ai pris mainte photo et je me suis lavé

Dans leurs douches bien pratiques. Mais je ne sais pourquoi

Je me sentais en ville dans un monde fabriqué.

 

Le tour du mont Egmont n’avait pas ce label

Personne sur les sentiers recouverts de racines

Traîtresses et tortueuses, de broussailles rebelles

Dont il faut écarter les branches aux longues épines.

 

Les rivières se traversent les chevilles dans l’eau

Et l’on s’aide des mains pour passer le ravin

Aux pentes érodées qui rejoint le ruisseau

Et souvent il arrive qu’on perde son chemin.

 

Sur une face exposée en haut du mont Henry

Déferlait un vent à dépoiler les barbus

Il voulait m’éjecter comme un sumotori

Loin du chemin de crête vers les pentes herbues

 

C’est bien ce que je cherche, c’est cela qui me plaît

Lorsque rude est la route, chère est la récompense

Douce la satisfaction d’être enfin arrivé

Au refuge solitaire où l’on savoure sa chance.

Photos :

Chemin sous les fougères

Une rivière sous le Dôme

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Le changement c’est maintenant !

Longtemps j’ai parcouru du sud l’île pittoresque

Aux sommets de granite et aux glaciers qui craquent

Déchargeant toute leur masse dans de superbes lacs

Aux eaux d’un bleu turquoise. On s’y baignerait presque

 

N’étaient ces icebergs. Ce matin je contemple

Du sommet d’un volcan des pentes majestueuses

Qui plongent dans une mer de nuages onctueuse

Lieu que les Maoris vénèrent comme un temple

 

Ils adorent la nature surtout les lieux grandioses.

Au loin sur l’horizon trônent trois autres cônes

Scories rouges cendres noires basalte et soufre jaune

Qui sur ce tapis blanc délicatement se posent

 

Sur ce fauteuil de lave où je me suis assis

Ces trois monts me l’assurent, voilà du changement

C’est ce monde de feu, geysers et lacs fumants

Qui m’attend désormais au Nord de ce pays

(photos :

Une de mes 36 vues du Mont Taranaki

Cascade de Bell, lointaine cousine de celle du Ray Pic, avec ses colonnes basaltiques

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Enfin !

Cette petite trousse bleue avec une croix blanche

Pour les premiers secours pleine de sparadraps

Couvertures de survie, elle pèse de tout son poids

Et prend bien du volume, pour les cas où l’on flanche

 

Depuis bientôt sept mois elle n’avait pas servi

Jetant un sérieux doute sur son utilité

Enfin hier sur la route un clebs vint à passer

Ma tête lui déplut tant qu’au mollet me mordit

 

Avec tout l’enthousiasme de sa fougueuse jeunesse

Faisant de bien beaux trous (je vous passe les détails)

Justifiant l’ouverture de ce riche attirail

Où je pus dénicher pansements et compresses

 

à Guy Lieumont, fournisseur de ladite trousse avec le mode d’emploi

 

(Pas de photo du mollet, ce blog pouvant être lu par des personnes sensibles. À la place, une petite photo du mont Taranaki autour duquel je marche en ce moment) IMG_20200128_153007-992x744